La pêche en rockfishing, partie 2: les poissons

Nous nous retrouvons aujourd’hui pour la deuxième partie des articles concernant la pêche en rockfishing. Cette fois, nous allons aborder les postes où se tiennent les différents poissons. Je vous invite aussi à consulter la ->première partie dédiée au matériel<-.

Le premier poisson duquel nous allons parler est le gobie. C’est l’un des poissons que l’on croise le plus fréquemment et c’est aussi certainement le plus facile à prendre.

Il existe beaucoup d’espèces de gobies… et encore « beaucoup » est un bien petit mot pour désigner cette famille de poissons qui compte tout de même plus de 2000 espèces !

Durant vos sessions en rock, vous pourrez croiser notamment le gobie à grosse tête, qui est le plus gros. Celui-ci se trouve principalement dans les rochers. Les digues sont donc à privilégier, ainsi que toutes les trouées que vous pourrez voir dans les ports.

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Gros gobie à grosse tête de 30cm

Un autre pour le plaisir 😉

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Les autres plus grosses espèces de gobie sont le gobie paganel (reconnaissable grâce au bout jaune de sa nageoire dorsale), le gobie à bouche rouge qui porte bien son nom et le gobie noir.

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Gobie paganel

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Gobie à bouche rouge

Ces gobies aussi vivent le plus souvent sous les cailloux. D’autres, préfèrent les zones sablonneuses. Cependant, ceux-ci sont plus petits, comme le gobie tacheté.

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Gobie tacheté

Les blennies :

Les blennies ressemblent un peu aux gobies, si ce n’est qu’ils sont plus serpentiformes et ont une face plate. On pourra noter aussi leur fâcheuse tendance à déchiqueter les leurres souples avec leur puissante morsure. Il faut alors vraiment faire gaffe à ne pas se faire mordre; ce n’est pas dangereux, mais ça fait mal (je sais de quoi je parle ^^).

La plus grosse est la blennie gattorugine, qui peut atteindre les 25cm.

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Blennie gattorugine

Il existe d’autres blennies, comme la blennie paon ou la blennie pilicorne.

Les postes sont sensiblement les mêmes que ceux des gobies.

Bien qu’elle n’est pas très recherchée, il est fréquent d’en prendre. Si vous prenez une touche dans un trou et qu’il vous manque un bout de leurre, c’est probable que ce soit ce poisson.

La rascasse :

La rascasse brune est le poisson emblématique du rockfishing en Méditerranée. En effet, on n’en retrouve pas côté Atlantique.

Ce poisson pouvant atteindre les 30cm vit principalement dans les enrochements. Elle est très territoriale et garde farouchement son antre en engloutissant quiconque ose s’approcher de trop.

Faites vraiment attention quand vous la manipulez car ses épines, en plus d’être extrêmement piquantes, contiennent un peu de venin. Je m’en suis rentrée une dans la main une fois et croyez moi, c’est très douloureux. J’ai eu l’avant bras et les doigts à la limite de la paralysie pendant près d’une heure, donc on ne rigole pas avec ce poisson 😉

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Le meilleur moment pour les pêcher est la nuit.

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Pour l’animation, c’est assez simple, il faut laisser descendre son leurre à la verticale dans un trou que vous avez repéré et dandiner. Si le trou est habité, la touche ne se fera pas attendre. La nuit, j’aime bien pêcher plus en pleine eau car les rascasses sortent de leur trou en quête de nourriture.

Je me permets de vous donner un petit conseil: pêchez avec le frein serré. En effet, un fois votre poisson ferré, ce dernier ne pense qu’à une chose: regagner son trou. S’il y parvient, il écarte ses nageoires et se gonfle (pour la rascasse) ou se ventouse (pour le gobie), et dans ce cas, bon courage pour l’en extirper…

Les labridés :

La famille des labridés englobent beaucoup de poissons, le plus connu étant la vieille. Cette dernière, il me semble qu’il n’y en a pas (ou très peu) en méditerranée.

On retrouve aussi le crénilabre, très souvent confondu avec la vieille. Celui-ci est assez fréquent. On le trouve en périphérie des roches des digues. Pensez aussi à prospecter autour des chaines et des cordages des bateaux car ils se nourrissent des coquillages qui s’y agrippent.

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Crénilabre

Il est bien-sûr possible de prendre d’autres espèces de labridés (la plus emblématique étant la girelle), comme le merle, le labre vert, le cténolabre, le centrolabre et autres trucs finissant par « labre ».

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Merle

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Labre vert

Petite note qui peut être utile: tout comme les blennies, les labridés ont une morsure puissante; là aussi, attention lors de la manipulation.

Le serran-écriture et le serran-chèvre :

Ces deux poissons (magnifiques soit dit en passant) sont assez proches l’un de l’autre. Ils se retrouvent tout autour des roches et son parfois voraces. On peut les prendre aussi aux leurres durs.

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Serran-chèvre, plus communément appelé saran

 

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Serran-écriture

Nous avons fait le tour des espèces les plus fréquentes que l’on prend en rockfishing, mais sachez qu’il en existe beaucoup d’autres. Les sparidés peuvent se prendre en rock, notamment le sar et l’oblade.

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Sar à tête noire, aussi appelé veirade

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Oblade

Les poissons-lézard sont de plus en plus courants, bien que je n’en ai jamais pris.

N’hésitez pas à jeter au large avec des petits poissons-nageurs ou des leurres-souples car si vous tombez sur un banc de sévereaux, vous risquez de fortement vous amuser. Par contre, ce n’est plus du rockfishing, mais de l’ajing.

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Sévereau, aussi appelé « chinchard » ou « saurel »

Lancer plus loin peut aussi permettre de prendre des loups, des orphies (aiguillettes), voire même des limons (sériole) ou des liches-amies.

Mais on ne prend pas que du poisson en rock ! Poulpes, seiches, calmars, crabes et crevettes peuvent aussi être de la partie !

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2kg de muscle pour ce poulpe

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Une petite favouille

Voilà tout, en espérant, que ces articles sur la pêche en rockfishing vous auront donné des idées ou vous auront éclairé. L’été est là et il n’y a rien de plus fun que le rockfishing lors de vos vacances à la mer !

 

 

Toc à la nymphe : mes premières impressions

Voilà déjà un moment que je pratique le toc à la nymphe, et je profite de cet article pour vous faire part de mes impressions sur cette technique.

Je vais déjà faire un rapide tour d’horizon du matériel que j’utilise.

Ma canne est une Maxxter Series téléblocable en 4,10m, le moulinet, un vieux Falcon LS 01 (à ma connaissance introuvable car il n’y a aucune info à propos sur internet), le nylon est un Aqua Line Trout Tech jaune fluo en 18/100. Celui-ci est très fiable et durable malgré son prix assez faible (9€ les 150m). J’utilise aussi un petit guide fil pour encore améliorer la visibilité. Les nymphes proviennent de mon étau.

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Les modèles de nymphes ayant pour ma part le mieux fonctionné sont de grosses boules de poils qui ne ressemblent à pas grand chose, avec une grosse bille (3,8mm) et un corps bien lesté au fil de plomb. Avec un modèle aussi lourd, je ne mets pas de plomb (sauf pour pêcher les zones profondes).

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J’aime aussi pêcher avec des nymphes plus « délicates » sur hameçon de 14. Elles ont la même bille que les précédentes, mais celles-ci, je les plombe avec une chevrotine n°0 sinon je ne peux pas les lancer.

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On m’a conseillé un bas de ligne court (30cm environ), relié par un micro émerillon baril au corps de ligne. Le plomb, si tant est qu’on en ait l’utilité se devra d’être placé sur le corps de ligne, mais pas trop haut pour éviter le dragage (c’est du moins ce que j’ai compris).

La manière de pêcher est sensiblement la même qu’au toc classique ou en dérive naturelle. Ce qui change et qui est le plus difficile, c’est la perception des touches. En effet, si on ressent un « toc » dans la canne, la truite a déjà recraché la nymphe. Il faut donc ferrer au moindre arrêt, au moindre écart ou mouvement suspect, ce qui fait qu’on est sans cesse en train de ferrer, mais parfois, on se dit qu’on a bien fait. Pour cet exercice de perception, il va de soi qu’un nylon fluo (voire bicolore) est fort utile et on peut y rajouter un guide fil.

En tout cas, il faut avoir de bons réflexes (la couleur du fil ne fait pas tout…).

M.Laurent Jauffret qui m’a donné pas mal de conseils à propos de cette technique utilise un gros indicateur (boule Rameau) pour percevoir les touches. Ce qui est très intéressant pour pêcher avec de petites nymphes assez loin de nous car le poids de la boule fait qu’on peut atteindre de bonnes distances de lancer.

Voilà, il me reste encore beaucoup à apprendre sur cette technique passionnante. Je suis encore à un stade de découverte et il est probable que je raconte quelques inepties dans cet article, qui, je le rappelle, n’a pas pour vocation de briefer, mais plutôt de donner un aperçu de ce à quoi vous attendre si vous vous lancez dans le toc à la nymphe.

J’espère quand même vous avoir donné envie d’essayer 😉

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La pêche en rockfishing, partie 1: le matériel

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Si comme moi, la pêche en mer n’est pas votre fort parce que vous pêchez en eau douce, il y a quand même une technique avec laquelle vous pourrez vous amuser : le rockfishing.

Commençons par le commencement, le rockfishing, c’est quoi ?

Il s’agit d’une technique de pêche en bord de mer aux leurres ou aux appâts naturels. Les espèces recherchées sont très variées. Elles vont du gobie à la rascasse en passant par les labridés et autres poissons de pleine eau (sars, saupes etc.). C’est en quelque sorte une pochette surprise, mais il est possible de cibler les espèces (nous y reviendrons…). Le but est de dandiner son appât (naturel ou artificiel) dans les rochers pour y débusquer les habitants, le tout avec du matériel light ou ultra-light (là aussi, nous y reviendrons…). Les prises sont de petite taille, mais les combats sont super fun avec du petit matériel. Les rockfishers, comme on appelle les pratiquants de cette technique, parlent de recherche de petits poissons dans leur taille maximale.

Dans ce premier article, on abordera le matériel nécessaire pour pratiquer le rockfishing.

Canne/moulinet:

Pour pêcher en rock, pas besoin d’un ensemble hyper cher. Il suffit juste d’avoir une canne correcte dont la puissance n’excède pas les 10g. La puissance idéale étant 0,5-5g. La mienne est une 1-10g, mais les sensations sont au rendez-vous. Il s’agit de ma brave Shimano Yasei Red Perch, dont vous pouvez consulter le test en cliquant ->ICI<-. Pour la longueur, 2,10m au maximum. Le moulinet n’a pas une importance capitale. Il faut juste qu’il soit assez léger. Je vous conseille une entrée de gamme Shimano en taille 1000. J’utilise le Sienna 1000 qui me donne entière satisfaction pour son prix, mais il y en a beaucoup d’autres comme le Catana, l’Alivio ou le Nexave qui peuvent convenir.

Le fil:

En ce qui concerne le fil, plusieurs choix s’offrent à vous: Le nylon et la tresse. Le nylon doit être compris entre 18 et 22/100. Personnellement, j’ai opté pour la tresse pour les sensations lors des combats et pour la perception des touches. Seulement, elle comporte plusieurs défauts (outre son prix), notamment son manque de résistance à l’abrasion qui oblige à rajouter un long bas de ligne en fluorocarbone (ou nylon) d’environ 2m de 20 à 30/100 pour les pêches les plus fortes (hard rockfishing). Celle que j’utilise est la Jinza Braidspin de chez Grauvell. Bien que très difficile à trouver, certains sites la commercialisent, comme Waveinn.

Les leurres:

Voilà le gros du sujet. Il en existe des milliers, et le choix est difficile. Pour couvrir un maximum de situation, il vous faut des leurres compris entre 3 et 8cm. Si vous souhaitez faire un maximum de gobie par exemple, un leurre de 3-4cm sur une micro tête plombée ou sur un hameçon avec une chevrotine pincée devant devrait vous permettre de vous amuser. Si vous recherchez les gros spécimens, des leurres de 4 à 7cm ou pourquoi pas, un micro-jig ne sont pas démesurés (sachant qu’un gobie peut dépasser les 30cm). C’est le même gabarit qu’on utilisera pour les labridés (crénilabres, girelles etc.). Pour les rascasses, on peut monter jusqu’à 10cm.

Personnellement, j’aime beaucoup les petits leurres type « finesse », comme l’Aji Ringer, un petit pin-tail, l’Aji Sirash et l’Aji Caro Swamp, tous les trois de chez Reins. Les Rockvibe 1,2″ et 2″ sont aussi des valeurs sûres. Les worms comme les très connus Power Isome de chez Marukyu que l’on peut découper pour s’adapter au poisson recherché sont aussi excellents. J’aime beaucoup les créatures qui imitent les crevettes, ma préférée étant la Ring Shrimp, encore et toujours de chez Reins.

En ce qui concerne les têtes plombées, je vous déconseille les hameçons fins de fer car les poissons bataillent fort pour retourner sous leur rocher, et ils peuvent vous l’ouvrir ou le casser. Vous pouvez utiliser des TP texanes pour ne pas vous accrocher, c’est très pratique au vu des nombreuses anfractuosités dans lesquelles nous sommes amenés à pêcher.

Il est aussi possible de pêcher en montage drop-shot. L’emploi de leurres durs est également envisageable (crankbaits et lames vibrantes).

Ci-joint, un photo pour vous donner une idée de ce que j’emploie :

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Dans le prochain article sur le rockfishing, je parlerai de la pratique. A savoir, les postes pour chaque poisson, les animations etc.

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Truite aux leurres à l’ouverture

Si beaucoup de pêcheur ont une préférence pour la pêche aux appâts naturels, et plus particulièrement, aux vers de terre pour l’ouverture, sachez qu’il est tout à fait possible d’aller traquer les premières zébrées de l’année aux leurres.

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Seulement, il ne faut pas employer n’importe quel leurre n’importe quand… comme tout le temps en fait, mais c’est d’autant plus important en période d’ouverture. En effet, les poissons encore engourdis par les eaux froides au sortir de l’hiver ne se déplaceront que très peu pour choper un leurre qui passe trop loin ou trop vite.

Il faut donc s’adapter aux conditions présentes.

Il est tout d’abord bon de rappeler les postes typiques lors de l’ouverture. Les truites se tiendront à l’écart des courants sur des radiers, dans des contrecourants ou encore dans des fosses profondes. J’avais fait un article l’an dernier au sujet de l’ouverture de la truite que je vous invite à aller consulter en complément de celui-ci : https://pecheurdusud.wordpress.com/category/divers/

Passons maintenant au vif du sujet : Quel type de leurre utiliser et dans quelles conditions ?

Tout d’abord, il faudra augmenter la taille des leurres dans tous les cas, car comme dit précédemment, une truite ne se déplacera pas pour rien. Il faut donc que la proie qu’elle prenne en chasse soit « rentable »; c’est à dire, qu’elle lui apporte plus d’énergie que ce qu’elle en a dépensé pour la poursuivre.

Pour l’animation, il faut impérativement ralentir la récupération. Twitchez les PN avec moins de vigueur et plus près du fond que durant le reste de la saison, et ralentissez encore les tirées sur vos leurres souples.

1er cas de figure: Les ruisseaux et petites rivières

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Dans les petits cours d’eau, il conviendra d’utiliser des cuillers en taille numéro 2 ou 3 (voire plus) afin de pouvoir pêcher un peu plus creux que la moyenne. Les poissons nageurs de 5 à 7cm coulants pour passer dans des zones profondes (style D-Contact et Spearhead Ryuki) et suspending (style Flat Fly et Tiny Fry). Ces derniers sont excellents car ils permettent d’insister plus longuement devant une cache en marquant une pause lors de la récupération. Les leurres souples de 2 à 3″ (style Slit Shad) plombés assez lourdement seront d’une grande aide pour pêcher sous des cascades ou dans des fosses profondes.

2e cas de figure: Les grandes rivières

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Je ne suis pas un spécialiste des grandes rivières, mais je sais par exemple que les leurres souples jusqu’à 10cm sont très intéressant pour débusquer de gros spécimens dans des gros remous. Laissez couler le LS et animez très faiblement en suivant la vitesse du courant juste au dessus du fond.  Les fins de courant sont aussi bonnes à pêcher avec des cuillers de taille 3 à 5 ou avec des PN jusqu’à 10cm.

Voilà tout. Si vous voulez faire votre ouverture aux leurres, j’espère que cet article vous aidera.

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Technique: La pêche du barbeau aux leurres

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Honnêtement, tout le monde s’en fout du barbeau. J’exagère un peu, mais il est très souvent aux oubliettes. Et pourtant, c’est un poisson qui peut devenir énorme et auquel on n’a rien à reprocher au niveau de la bagarre qu’il nous offre. Que peut demander de mieux un pêcheur sportif en quête de sensations ?

Vous avez été nombreux à me demander sur Facebook des détails sur comment pêcher le barbeau aux leurres. Est-ce que je les prends tous par la bouche ? Est-ce que je les fait à vue ? Quel matériel j’utilise ? Etc.

Je vais essayer de faire un article le plus complet possible afin que vous puissiez vous éclater avec de gros poissons en période estivale.

Avant de commencer, je tiens à préciser que j’ai basé cet article sur des constatations que j’ai faites au bord de l’eau et que ce qui a marché pour moi ne marchera pas forcément pour vous.

Sur-ce, bonne lecture 😉

1: Où et quand trouver le barbeau ?

Il faut savoir que je ne le pêche qu’en été car c’est là qu’il est le plus actif et facile à trouver. Il est très fréquent de voir un groupe de beaux spécimens dans quelques centimètres d’eau. Ensuite, j’ai remarqué que l’heure de la journée n’importait peu. J’arrivais à en prendre régulièrement tout au long de la journée. Privilégiez les courants forts et soutenus peu profonds.

2: Quel matériel utiliser ?

Le barbeau étant un poisson très puissant, je préconise évidemment une canne avec une grosse réserve de puissance, dotée d’une puissance d’environ 3-12g et un nylon en 18/100 minimum dans un moulin de taille 2500 (taille Shimano). En gros, exactement ce que je n’utilise pas. Je fais beaucoup usage de ma brave Shimano Yasei Red Perch en 1-10g, avec un Sakura Kapax garni en nylon de 16/100. Même si j’ai sorti mon record avec ce nylon, je ne recommande vraiment pas de descendre en dessous de 18/100. Après m’être fait casser deux fois, j’ai troqué mon Kapax contre un Sienna 1000 avec une tresse en 8/100 et un bas de ligne en 20/100. Le problème avec cet ensemble, c’est en premier lieu le moulinet trop petit et la canne trop molle (conçue pour pêcher la perche), qui occasionne pas mal de décrochés. Du coup pour cette saison, j’ai tout revu et j’ai fait l’acquisition d’une Sakura Shinjin Neo L, avec une puissance largement sous-estimée à 2-7g. C’est plus une 3-12g en fait. En ce qui concerne le moulinet, j’ai juste mis du 18/100 sur mon Kapax.

Autre chose que je n’ai pas précisée, le barbeau a une bouche très dure, alors n’hésitez pas à coller un bon gros ferrage à la japonaise. D’où l’intérêt d’avoir une canne assez raide (comme la Shinjin Neo L).

Pour ceux qui auraient la flemme de lire tout ce paragraphe assez bordélique, voici un bref résumé:

-Canne: assez raide, bonne réserve de puissance, puissance aux alentours de 3-12g

-Moulinet: taille 2500, bon frein

-Fil: nylon de 18 à 25/100 ou tresse de 10 ou 12/100

J’utilise aussi des micro-agrafes en 000 de chez Sakura. Petites, mais très solides.

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Le combo Yasei/Sienna se défend tout de même pas mal, comme l’atteste ce « petit » spécimen de 53cm.

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3: Quels leurres utiliser ?

C’est avec les cuillers que j’ai les meilleurs résultats. Les modèles à truites entre 0 et 2 conviennent parfaitement. En ce concerne les coloris, prenez quelques cuillers, fermez les yeux et tirez-en une au sort. Je n’ai pour le moment observé aucun coloris qui marche mieux qu’un autre. Il en va de même pour les tailles. L’usage d’un émerillon à agrafe est en revanche indispensable pour ne pas vriller le fil.

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Les cuillers sont une valeur sûre pour le barb'

Les cuillers sont une valeur sûre pour le barb’…

Les petits leurres souples à perches sont aussi très efficaces. J’affectionne particulièrement les Rockvibe Shad 2″ blancs, les Aji Ringer 4cm rouges et les Aji Meat roses pâle, tous trois de chez Reins.

Pour vous donner un ordre de taille, on emploiera des leurres de moins de 3cm jusqu’à 8cm.

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et les leurres souples ne sont pas en reste.

…et les leurres souples ne sont pas en reste.

Il est aussi possible d’utiliser des crankbaits et des lames vibrantes, mais je n’ai jamais rien pris avec.

4: Comment procéder ?

Une fois sur votre spot avec votre canne en main et vos leurres, que faire ?

Je précise avant tout que je ne les pêche quasiment jamais à vue.

La technique en elle même est vraiment simple, surtout pour la cuiller.

Il suffit de vous mettre en amont d’un courant, et de lancer en aval. Laissez plonger un peu, puis prenez contact. Moulinez très lentement, et j’insiste bien sur ce fait. Vous pouvez même vous arrêter de ramener complètement et laisser le courant faire.

Une méthode simple, mais efficace.

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Mon record pris avec cette dernière technique. Un beau bébé de 66cm

57cm

57cm

60cm, mon troisième plus gros, pris avec une Vibrax n°0

60cm, mon troisième plus gros, pris avec une Vibrax n°0

Vous l’aurez compris, la cuiller, ça marche du tonnerre 😉

Les leurres souples sont aussi pas mal efficaces, mais demandent un peu plus de technique.

Cette fois-ci, on prospecte de l’amont vers l’aval.

Deux choix s’offrent à vous. Soit, comme-moi, vous avez la chance d’avoir une grande dalle de pierre sur votre spot, qui sont des vraies autoroutes et où il est impossible de s’accrocher. Soit vous pêchez dans une zone où le fond est plus caillouteux et où il est facile de se coincer en deux galets. Pour cette dernière configuration, il vous faudra garder la canne haute et ramener plus vite afin que votre tête plombée se contente juste de taper sur les cailloux. Si vous maitrisez ça, vous risquez vraiment de vous amuser 😉

Pour la première configuration, c’est beaucoup plus simple. Il suffit juste de faire glisser le leurre sur le fond en animant très légèrement, voire pas du tout.

Mon deuxième plus gros avec ses 64cm, pris à l'Aji Ringer

Mon deuxième plus gros avec ses 64cm, pris à l’Aji Ringer

Que ce soit pour la cuiller ou le leurre souple, la touche est souvent difficile à percevoir, et si vous la percevez, il est fort probable que vous ayez un petit spécimen au bout de la ligne (moins de 50cm). Celle-ci se traduit par un arrêt de la ligne et par le fait que vous sentiez un poids mort dans la canne. En gros, exactement comme si vous étiez accroché. Dans les deux cas, ferrez de manière appuyée. Si c’est bien un barbeau qui a bloqué votre ligne, vous vous rendrez vite compte que le poids mort que vous sentiez au bout de la canne n’est pas si mort que ça…

5: Le combat !!

Enfin ! Vous êtes attelé à votre premier barbeau, et votre première réaction (qui a d’ailleurs aussi été la mienne ^^) est de paniquer et de gueuler comme un débile. Il est tout de même préférable de se calmer un peu pour maitriser le combat.

La règle d’or est de ne jamais essayer de stopper un rush, sinon, c’est la casse assurée. Dès que le barbeau se calme, bridez-le en douceur, surtout pas trop fort. Parfois, ça peut se transformer en une guerre d’usure, en particulier lorsqu’un joli pépère a décider de se coller au fond et de ne plus bouger. Pour le décoller, j’ai trouvé une astuce toute simple, mais qui n’est praticable que lorsqu’il y a peu d’eau. Il suffit juste de desserrer votre frein (très important) et de partir à sa rencontre dans l’eau. Quand il vous verra approcher, il repartira brusquement (d’où l’intérêt de desserrer le frein).

Une fois arrivé au bord, le mieux est d’avoir une épuisette (bien sur, c’est la dernière chose à laquelle je pense ^^). Si vous n’en avez pas, attrapez le derrière la tête.

Beau poisson de 56 cm après un interminable combat !

Beau poisson de 56 cm après un interminable combat !

6: Conclusion

Voilà un sacré poisson délaissé à tort. Un combattant pouvant atteindre des mensuration impressionnantes et qui mérite que l’on y prête plus d’attention.

Personnellement, il fait partie des mes poissons préférés avec la truite.

Les techniques sont vraiment simples et faciles à mettre en œuvre.

Le barbeau, l’essayer, c’est l’adopter !

Je n’ai pas précisé que sur tous les barbeaux que j’ai pris, il y en a seulement trois que je n’ai pas pris par la bouche (un par une nageoire pectorale et deux par le dos)

Avant de nous quitter, quelques images :

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Même si c'est lui qui est ciblé, on ne prend pas toujours du barbeau

Même si c’est lui qui est ciblé, on ne prend pas toujours du barbeau

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J’espère avoir pu vous éclairer et vous avoir donné des idées pour vous amuser sur de gros poissons pendant l’été 😉

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Quelques conseils pour l’ouverture

L’ouverture approchant à grand pas, je me permet de vous livrer quelques conseils pour aborder ce moment crucial.

Tout d’abord, il faut savoir qu’en cette période d’ouverture, la truite aura tendance à être calée au fond, fatiguée par les eaux froides de l’hiver et la période de reproduction. Elles seront donc peu réceptives aux leurres et appâts qui passent trop loin d’elles. Il faudra donc ruser pour leur passer sous le nez, ou en utilisant une proie qui vaille la peine que la truite se déplace, comme un ver, vairon ou leurre, de taille conséquente par exemple.

En ce qui concerne les postes, oubliez les frais et rapides courants de la belle saison, car ce sont des postes qui seront certainement désertés par leurs hôtes estivaux qui auront sûrement opté pour des zones plus calmes, comme des amortis derrière un rocher, les berges creuses d’un radier ou les remous. Pensez aussi à faire quelques passages sur des zones potentielles de frai (comme des fonds sablonneux) car ce sont des endroits où des truites on pu rester après la reproduction.

Passons maintenant aux techniques.

Trois techniques de pêche aux appâts naturels :

La plus couramment utilisée est la pêche au toc. Dans ce cas, il faudra comme d’habitude adapter sa plombée à la profondeur et au courant qui peut varier, donc pas de vérité absolue, c’est à voir au dernier moment.

J’utilise aussi assez souvent la pêche à la longue coulée. Le bouchon permet de porter la ligne constamment à la profondeur voulue. C’est une technique que l’on a tendance à oublier, mais elle m’a rapporté un nombre incalculable de truites tout au long de la saison.

Pour les deux techniques ci-dessus, les esches pourront être des beaux vers de terreau qui s’avère être l’un des meilleurs appâts d’ouverture. Si l’eau est claire, la teigne peut aussi être utile.

Enfin, la pêche au vairon manié n’est pas à exclure. Animé lentement au ras du fond monté sur une monture godille, sur un clou cévenol ou encore sur la très connue monture Armorvif, un vairon de 6 ou 7 cm peut être très efficace.

Restent maintenant les différentes pêches au lancer et à la mouche.

Aux leurres, on pourra utiliser des poissons nageurs capables de gratter le fond du cours d’eau. Pour l’ouverture, les leurres suspendings sont redoutables car ils restent à la profondeur à laquelle on l’arrête et on pourra faire des pauses insistantes au dessus d’une cache que l’on soupçonne être habitée par une truite. L’animation devra être lente et entrecoupée de pauses.

Pour les cuillers, pas grand chose à dire, si ce n’est qu’il faut ralentir la récupération.

Enfin, les leurres souples peuvent débloquer les situations les plus difficiles. En effet, si les poissons dédaignent à mordre, ces leurres peuvent aller les débusquer au cœur de leur cache entre les blocs de pierre.

Pour finir, la pêche à la mouche peut aussi être pratiquée, surtout à la nymphe. Il arrive parfois qu’il y ait des pics d’activité, même en période d’ouverture et dans ce cas, les truites peuvent gober, et le pêcheur peut opter pour une mouche sèche.

Dans tous les cas, il faudra insister longuement sur chaque poste car il est plus que probable que la truite encore engourdie ne prenne pas du premier coup.

Voilà tout ! Je vous donne ces quelques infos sans même être sûr d’attraper quelque chose le 14 mars, mais j’espère que vous pourrez en tirer profit.

Sur ce, je vous souhaite à tous une excellente ouverture et saison 2015.

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