Poissons méconnus de France |6| le barbeau méridional

Barbus meridionalis, plus communément appelé « barbeau méridional », « barbeau truité » ou encore localement « durgon » (en Ardèche notamment), est un cyprinidé, dont la taille est bien moindre que celle de ces cousins les barbeaux communs: il ne dépasse que très rarement les 30cm (je considère comme un exploit personnel d’en avoir fait un de 32cm). Au niveau de l’apparence, il ressemble à un gros goujon en plus large et plus trapu. Il arbore une belle parure dorée souvent parsemée de marbrures noires, ce qui lui vaut son surnom de « barbeau truité ». Sa bouche est charnue et bordée de barbillons.

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Il vit près des fonds de rivières bien oxygénées, aime les zones courantes et est relativement sensible à la pollution. Sa présence est donc gage de qualité de l’eau; en revanche, il est malheureusement inscrit comme Rare dans le livre rouge des espèces menacées de poissons d’eau douce rédigé par l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) (cf: Wikipédia). En France, on le retrouve sur le bassin versant méditerranéen et atlantique seulement sur quelques cours d’eau du bassin de la Garonne. Le barbeau méridional est un poisson assez grégaire, bien que les bancs de ce poisson ne sont composés que de quelques individus. Je n’en ai jamais aperçu plus de 5 ou 6 ensembles.

Son alimentation est principalement composée de larves, de vers, mollusques et crustacés (tels que les gammares) aquatiques qu’il trouve en fouillant le substrat grâce à ses barbillons pourvus de cellules sensorielles, et en suçant les cailloux. Mon expérience avec les barbeaux communs me laisse supposer qu’il ne cracherait pas sur un alevin de temps à autres…

La reproduction a lieu de mai à juillet sur des fonds de graviers par des températures allant de 14 à 19°C suite à une parade nuptiale qualifiée par la Fédération de pêche de l’Ardèche de « complexe », dans laquelle le mâle nage à côté de la femelle. Les deux poissons collés l’un à l’autre semblent définir un circuit qu’ils répètent inlassablement; c’est du moins ce que j’ai constaté.

Jusqu’à ce que mon frère en prenne un au toc, je pensais qu’ils avaient disparus de ma rivière car je n’en avais ni pris ni vu depuis 6 ou 7 ans. Mais cette année, j’ai pu en voir deux autres individus.

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N’est-il pas magnifique ?

Pour en savoir plus sur ce poisson sur le territoire ardéchois, je vous mets le lien d’une étude de la Fédé 07 de… 52 pages… oui, c’est beaucoup 52 pages.

http://www.parc-monts-ardeche.fr/images/phocadownload/etudes_rapports_et_docs_diverses/etude_barbeau-2.pdf

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Poissons méconnus de France |5| le hotu

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Ah! le hotu ! Quel drôle de poisson. De plus en plus courant certes, et ce, en partie à cause  (ou grâce à, ça dépend de comment on voit les choses) de ceux qui l’ont introduit on ne sait trop comment dans le Sud de la France, et qui est est devenu invasif dans le Rhône, la Loire, l’Hérault, la Seine et dans certaines zones de l’Italie et de la Slovénie (dixit Wikipédia), ce monsieur patate de l’évolution piscicole a de quoi surprendre nombre de néophytes qui seraient amenés à en capturer un. En effet, il est pourvu des nageoires rouges d’un gardon sur le corps fuselé et argenté d’un corégone, d’une bouche carrément douteuse qui lui est propre, et d’un nez proéminent qui ressemble à peu de chose près à rien. Son régime alimentaire est principalement composé de végétaux aquatiques, qu’il « broute » grâce à une espèce de lame dans sa bouche. Il peut aussi atteindre d’importantes mensurations: jusqu’à plus de 60cm.

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C’est clair qu’il est particulier ce Chondrostoma nasus. En plus il est très lunatique. Un jour on les enchaine au milieu d’un banc de 300 individus, un autre, ce banc a complètement disparu, ou bien il ont tout simplement l’étrange chose qui leur sert de bouche totalement clouée.

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En ce qui concerne sont habitat, on le retrouve dans des zones de courant assez soutenu dans de faibles profondeurs allant jusqu’à 2 m. Ils sont assez sédentaires et se déplacent un peu plus en hiver lorsque la nourriture se raréfie, ou pour se reproduire. Le frai du hotu est très court (parfois entre 3 et 5 jours seulement) et la ponte se déroule dans des creux sur des fonds de gravier.

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Voilà, c’est tout pour ce poisson. Je pense m’être assez payé sa tronche, mais en attendant, sans lui je m’ennuierais bien pendant l’hiver!

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Poissons méconnus de France |4|, le blageon

 

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S’il est assez connu chez nous dans le Sud-Est de la France sous le nom de « soffïe », de « soiffe » ou encore de « seuffe », il l’est beaucoup moins ailleurs. En effet, on ne le retrouve que sur le bassin versant méditerranéen.

Notre Telestes souffia est un joli petit cyprinidé de 20cm maximum, vivant dans des eaux riches en oxygène et relativement peu polluées.

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Si le profane le confond avec un chevesne ou une ablette, le blageon tout de même assez reconnaissable de part son dos violacé et par sa ligne latérale orange, tout comme la base de ses nageoires. Il peut aussi arborer un magnifique robe dorée.

Il vit souvent en bancs, et se nourrit surtout de larves, d’algues et de petits insectes flottants à la surface de l’eau. D’après mon expérience personnelle, il ne dédaigne pas un alevin de temps à autres. En effet, j’en prends assez régulièrement en pêchant avec des micro-cuillers.

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La période de frai dure de mars à mai. Le mâle féconde de 1000 à 6000 œufs pondus par la femelle sur des zones de gravière.

En ce qui concerne sa pêche, c’est un poisson peu recherché, mais c’est le premier que j’ai pris car ma rivière en est remplie. Il se prend bien au toc avec une petite teigne, ou encore mieux, une gratte ou un porte-bois. Néanmoins, il reste un poisson très malin qui constitue un parfait entrainement à la mouche; pas toujours facile à prendre, mais très amusant.

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Poissons méconnus de France |3|, l’apron

Apron (Zingel Asper)

Source : http://www.migrosmagazine.ch/societe/environnement/article/poisson-d-eau-douce-en-peril

L’apron, ou apron du Rhône est un petit percidé d’environ 15 cm endémique du bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Il est actuellement classé en danger critique d’extinction. Il est présent surtout dans le Doubs où il est considéré comme le « poisson roi », dans l’Ardèche et dans d’autres cours d’eau du Sud Est de la France.

Il a à peu près la forme d’un goujon, possède des marques noires et peut parfois en avoir deux bien marquées sur le dernier tiers de sa longueur. Il possède deux nageoires dorsales.

Il peut vivre dans des eaux à faible teneur en oxygène et jusqu’à 30°C, mais malgré tout, il est en voie de disparition, notamment à cause des endiguements et autres modifications majeures de son environnement. Il vit dans des rivières dotées de radiers et de galets qui sont nécessaires à sa reproduction.

Son espérance de vie est d’en moyenne trois ans et demi.

Poissons méconnus de France |2|, le crapet de roche

Le crapet de roche (ambloplites rupestris)

alt=Description de l'image Ambloplites rupestris.jpg.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Crapet_de_roche

Si la première phrase qui vous vient à l’esprit en lisant « crapet de roche » ou « rock-bass » est : « C’est quoi ce truc ?! »; rassurez-vous, c’est normal, il n’est présent en France que sur de courtes portions de la Loire et de la Saône.

9 espèces de perches américaines ont été introduites en France. Beaucoup pensent qu’il n’y en a que deux qui ont survécu : le black-bass et la perche soleil. En fait, il y en a une troisième beaucoup moins représentée qui a su s’acclimater, qui est le crapet de roche.

Il vit comme son nom l’indique, dans les rochers. Sa pêche doit donc se faire en grattant les fonds rocailleux.

Il se nourrit d’insectes et de larves aquatiques et de poissons.

Sa morphologie est entre le black-bass et la perche soleil avec sa parure un peu verte parsemée de taches noires.

La période de frai est d’avril à mi-juillet.


Sur ce, on se dit « à la prochaine » pour un nouveau poisson !

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Poissons méconnus de France|1|, le pseudorasbora parva

Afin de maintenir l’activité du site pendant la trêve hivernale, j’ai décidé de faire des descriptifs des poissons méconnus qui nagent dans nos eaux françaises.

Pour ce premier poisson, j’ai choisi le « pseudorasbora parva ». Il n’a pas de nom vernaculaire, c’est pour ça qu’il porte ce doux nom scientifique.

Je n’aurais jamais soupçonné son existence si je n’en avais pas pris un.

Pour commencer, je tiens à dire que c’est un poisson introduit par erreur, de Chine, par le biais de piscicultures, en provenance du fleuve Amour, et qu’il est nuisible et cause d’importants bouleversements sur l’écosystème. Il est par conséquent interdit de le transporter vivant ou de l’utiliser comme vif, afin de limiter au maximum son aire de répartition.

C’est un petit cyprinidé qui mesure au maximum environ 11 ou 12 centimètres. Il est grégaire et vit en banc. Il se reconnait grâce à son corps assez fuselé, son dos proéminent, ses écailles bordées de noir, sa tête plate et sa bouche orientée vers le haut.

Il se reproduit vite et devient vite envahissant, c’est notamment cela qui fait de lui une espèce classée nuisible. Le temps minimum de doublement de la population est inférieur à 2 ans. Il fraie généralement en eaux fraîches avec un très faible débit. Il n’est pas non plus très exigeant au niveau du support de leur ponte.

Le pseudorasbora se nourrit de larves aquatiques, de petits crustacés, et malheureusement, du frai d’autres poissons.


J’en ai fini avec lui, on se dit à la prochaine pour un nouveau poisson !